Véritable ode à une femme hors du commun, à une icône brisée, le documentaire que consacre Kevin Macdonald à Whitney Houston est un exemple édifiant de « Rise and Fall », une magnifique success-story qui se mue irrémédiablement en descente aux enfers.

En rassemblant des images d’archive de la carrière de la popstar et des images de ce que traversait l’Amérique à ce moment-là – les séquelles de la ségrégation raciales, les émeutes faisant suite aux brutalités policière –, et en les alternant avec des témoignages de proches de la chanteuse, Macdonald tend à faire le portrait d’une idole, d’une femme, d’un pays et d’une société.

Le film est en cela vraiment saisissant, car il réussi sur tous les tableaux, que ce soit sur le plan intime de la star, sur la construction d’une image publique et dans l’aspect sociétal, cette photographie socio-politique de l’Amérique à un instant précis.

Et puis, il s’agit aussi d’un documentaire coup-de-poing, qui ne rechigne pas à faire des révélations déchirantes sur l’enfance de Whitney Houston, abusée par sa cousin Dee Dee Warwick. Le film garde cette révélation pour sa dernière partie, laissant auparavant planer le doute sur ce qui aurait pu être à la base du mal-être de la chanteuse, ce qui la poussait à se plonger dans cette spirale infernale d’autodestruction.

À la vision d’un tel documentaire, on ne peut s’empêcher de se dire que la réalité rattrape, voire dépasse parfois la fiction, tant le destin tragique de Whitney Houston est romanesque et cinématographique. Et sur le plan de la réalisation, dans la vision qu’il a de ce destin, de cette histoire humaine, le film est largement à la hauteur. Plus qu’un documentaire, nous sommes là devant un véritable film de cinéma !

EN BREF
Note

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